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Figurant parmi les plus grands tabous des sociétés contemporaines, évocateur d’horreurs barbares, le sacrifice humain est attesté depuis le néolithique et cesse en Europe durant l’Antiquité. Le sujet interpelle et figure régulièrement dans les fictions, au point que la belle jeune fille qui doit être sacrifiée, sauvée in extremis, est devenu un lieu commun. Ce petit article présente deux modes de sacrifices humains qui ne sont pas aussi fréquemment présentés en fiction que la mise à mort pour plaire à une divinité maléfique... Histoire d'apporter un peu de variété... 

Des formes de sacrifices humains

Le sacrifice d’accompagnement

Les morts d’accompagnement sont les individus sacrifiés à l’occasion des funérailles d’un sujet haut placé dans la société. Cette pratique est parfois considérée comme une preuve de l’existence d’un État fort, la cause des dominants étant assez forte pour légitimer la mort de dominés à leur suite. Il existe cinq grands types de victimes de sacrifices d’accompagnement.

Épouses : Exécutées, enterrées vivantes, enjointes à se jeter d’elles-mêmes dans le bûcher funéraire… Il n’est pas rare que les mariages nobles aient lieu dès 12 ans dans l’Antiquité, et les épouses adolescentes sont tout autant amenées à suivre leur époux noble que les autres.

Serviteurs royaux : Ils suivent, par dizaines, parfois par centaines, la mort des plus grands empereurs dans des tombeaux monumentaux.

Sujets d’un royaume théocratique : Il peut être d’usage dans une société théocratique que les sujets les plus zélés se suicident à la mort d’un prêtre-roi-dieu.

Compagnons de guerre : Dans les sociétés guerrières, le fait de ne pas avoir su protéger son seigneur durant une bataille étant considéré comme un grand déshonneur, la seule optique digne qui reste est de le suivre dans la mort.

Esclaves : Ils figurent le gros des troupes des victimes de sacrifices d’accompagnement. C’est une coutume très largement répandues et qui justifie la mise à mort d’enfants qui se trouvaient au service du défunt. Les esclaves sont soit des prisonniers de guerre, soit leurs descendants. Longtemps dépourvus de droit, il était licite pour leur maître de les tuer ou de réclamer leur mise à mort lors de ses funérailles.

Le potlatch

Le potlatch est la forme la plus extrême de ritualisation du système de don par lequel celui qui reçoit a le choix entre rendre davantage ou être inféodé. Dans cette circonstance, on procède à des banquets fastueux et à un gaspillage systématique autant que prestigieux. L’une des possibilités pour donner dans être menacé par un retour non-souhaité du don par le receveur consiste à détruire des biens de valeur.

Concrètement cela signifie qu’un puissant, à l’occasion d’un grand rassemblement, fera jeter dans une fosse des objets précieux, peut-être cassés intentionnellement ; et qu’il ajoutera quelques esclaves à son service, sacrifiés, « gaspillés » pour prouver à tous la puissance de leur maître.

Havelländische Kultur ca. 3300-2700 v. Chr. Hängegefäß. Keramik. Beetzseeheide OT Butzow, Brandenburg (Deutschland). Museum für Vor- und Frühgeschichte, Berlin. | Wikimédia Commons

Havelländische Kultur ca. 3300-2700 v. Chr. Hängegefäß. Keramik. Beetzseeheide OT Butzow, Brandenburg (Deutschland). Museum für Vor- und Frühgeschichte, Berlin. | Wikimédia Commons

Bibliographie

« Les esclaves des tombes néolithiques » par Testart, Jeunesse, Baray, Boulestin, in « L’homme de Neandertal et l’invention de la culture » in Dossier Pour la Science n°76, juillet-septembre 2012, p.106-111.

Tag(s) : #Inspirations, #Histoire, #Gothique, #Surnaturel