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Quelques chiffres pour faire le bilan du semestre janvier - juin 2012 durant lequel j'ai suivi et corrigé 9 groupes de Travaux Dirigés (TD) en classe entière, 322 inscrits.

 

Bibliographie & articles connexes

 

Bilan des partiels

Données chiffrées

Les enveloppes hors tiers-temps que j'ai eues à corriger représente 242 copies d'examen et sont en principe issues de mes groupes de TD (sauf erreurs marginales de placement de copies dans tel ou tel tas). Il s'agissait d'une épreuve de 3H, une dissertation ou un commentaire au choix.

Sur l'ensemble des 242, le choix des sujets est de l'ordre d'à peine 50 copies de commentaires, soit tout juste 20%. Ce choix peut s'expliquer par la complexité du texte qui a été très mal compris par la majorité des étudiants. Dans l'ensemble, il est possible de distinguer trois types de copies

  1. les abandons (blanches, à peine entamées, inachevées, ... catégorie un peu protéiforme dont la frontière est floue) : 56  (environ 23%)
  2. les dissertations : 137 (environ 56%)
  3. les commentaires : 49 (environ 20%)

Le système de notation implique deux corrections, je ne peux donc faire part que de mon évaluation de première correctrice :

  1. Les abandons sont des copies par définition qui n'ont aucune chance d'atteindre 10 et +
  2. Sur les dissertations : 58 ont 10 et +, ce qui représente environ 42% des étudiants de la catégorie concernée
  3. Sur les commentaires : je compte 23 copies à 10 et +, ce qui représente finalement 46% des étudiants qui se sont aventurés sur ce sujet... Cependant, les notes vont moins hauts, il y a beaucoup de contresens et de copies mal justifiées, l'essentiel de ceux qui réussissent n'ont qu'environ 10.

 

Au total, à l'issue d'une première correction, 33% des étudiants ont 10 et + ...

 

Les abandons

Assurément l'université ne sélectionne pas à l'entrée, par contre, entrer ne signifie pas passer aisément jusqu'au diplôme de license...

 

Il apparaît également que l'abandon est la première cause d'échec à l'examen. En l'occurrence, ici j'avais 23% des personnes présentes qui ont rendu un devoir qui n'avait aucune chance d'aboutir à une "note passable", mais l'ampleur de la situation se mesure davantage si on considère qu'au cours du semestre :

 

  • 322 inscrits
  • 64 abandons au cours du second semestre (les étudiants ont plus de 4 absences non justifiées, ils disparaissent sans explication...)
  • 23 n'ont rendu aucun devoir fait à la maison
  • il en découle que les personnes qui ont vraiment "suivi" le TD et ont fait le travail demandé au cours du semestre ne représentaient que 258 personnes soit un abandon de 27% des étudiants en cours de semestre.
  • au final je n'ai que 242 copies... certains ont pu se tromper de "tas", il y a aussi les tiers temps qui sont corrigés à part... mais parmi celles-ci, 23% d'abandons. Ceux-ci peuvent se recouper avec les abandons en cours de semestre. Les étudiants boursiers en particulier sont tenus de se présenter aux examens pour continuer d'avoir une bourse. Il y a en pratique un problème au niveau de la réorientation : un étudiant bourser sur critères sociaux qui s'apperçoit au premier semestre qu'il s'est trompé doit terminer son année, sans aucune motivation... d'où la présence d'étudiants plus ou moins dissipés ou fantomatiques en travaux dirigés (le manque d'assiduité comme la non présence aux examens fait "sauter" la bourse).

 

La question de la réorientation

Le problème n'est pas tant l'échec en tant que tel (tout le monde ne peut pas réussir !) que la situation dans laquelle se trouvent les étudiants qui découvrent que leur projet initial ne correspond pas à leurs attentes, leurs goûts, leurs capacités d'investissement. A la fin de la première année en droit, plus de 50% des étudiants redoublent, se réorientent à l'université ou la quittent.

 

  • Une grande partie de l'échec à l'université est dû à des erreurs d'orientation à la fin du lycée.
  • Il y a un gouffre de communication entre lycée et université
  • Les bacheliers n'ont aucune idée de ce qui les attend, ni en terme de méthode de travail ni en terme de compétences attendues
  • Les bacheliers vont plutôt vers des facultés "générales" aux noms explicites que vers des formations aux noms moins évidents mais qui correspondraient davantages à ce qu'ils recherchent, notamment dans le cas de formations plus professionalisantes, courtes, encadrées.

 

Si je devais formuler un voeu, ce serait la mise en place d'un service de réorientation qui ne soit pas seulement la mise à disposition de documentation (comme le fait très bien le SCUIO), mais une structure de conseils plus personnalisés, offrant une écoute de la personne, pour l'orienter vers une ou plusieurs possibilités qui lui correspondent mieux. Une telle structure devrait être proposée à la fois en terminale et à l'issue de la première année universitaire, de manière à articuler des mondes qui ne se parlent pas vraiment et guider des jeunes gens qui n'ont pas majoritairement une idée claire de ce qui leur plairait. 

 

 

 

 

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Tag(s) : #Histoire du droit