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Suite de commentaires autour de l'anatomie du scénario, des essais d'analyse de prémisses de mes différents romans (1+2 puis 3+4), pour voir comment ça marche... Les points qui attirent mon attention sont immanquablement liés à mes questionnements autour de l'écriture, cela implique bien sûr que chaque personne qui s'essaie à l'exercice d'améliorer son écriture a plutôt intérêt à voir la source, et réfléchir à partir de là, se comparant éventuellement avec d'autres personnes qui cherchent également leurs propres solutions. 

 

Dans les sept étapes clefs de la structure narrative sont présentés des éléments organiques constitutifs d'un récit, ce qui fait une histoire. Ont tout particulièrement attiré mon attention les notions de faiblesse et besoin du héros (faille psychologique et relationnelle du personnage) , la nuance avec le désir (le but et l'enjeu visible de l'histoire), et l'Adversaire

 

Bibliographie & Articles connexes

 

 

Lutter contre soi - La faiblesse & le besoin

Psychologie et relation

Pour être intéressant et donner une bonne histoire, il est recommandé que le héros se transforme, ou soit détruit. J'ai tendance à exclure d'office les histoires qui finissent mal. Il y a suffisamment de choses tristes ou laides dans le monde, je ne vois pas l'intérêt d'en ajouter. Ce qui m'intéresse, c'est de parvenir à une fin positive qui ne soit pas niaise ou évidente, donc parvenir à surprendre malgré cette règle du jeu que je me donne. Une révélation et / ou une découverte, une décision, une prise de conscience sont donc évidemment nécessaires. Sans quelque chose qui change, qui marque vraiment le coup, l'histoire est fade.

 

Bien sûr, pour qu'il y ait transformation, il faut une imperfection, un problème comme point de départ. Cependant, je n'ai pas non plus d'intérêt particulier pour des personnages fracassés d'entrée de jeu, ou tout simplement abjects, devenant juste "normaux". Donc, autre postulat de départ, les faiblesses du héros ne seront pas fatales. Plus précisément, je suis surtout intéressée par des personnes qui "sentent" confusément que quelque chose ne va pas, mais qui n'arrivent pas à mettre le doigt dessus. Ce qu'elles traversent leur permet de se révéler à elles-mêmes, de se libérer d'une contrainte qu'elles s'imposaient, d'une peur qui les minaient...

 

Il s'agit là de ce que John Truby qualifie de faiblesse ou besoin psychologique, qu'il oppose à la faiblesse ou besoin moral, ce dernier portant sur le domaine relationnel et pouvant se reconnaître à une attitude qui blesse autrui. Je suis un peu perplexe quant à la nécessité de faiblesses "morales" / d'attitude / relationnelles. D'après l'auteur elles contribuent à offrir une transformation du héros qui touche davantage le public et vu son expérience, je peux croire qu'il a une certaines connaissance dudit public. Il s'agit d'améliorer l'empathie ressentie pour le personnage central de l'histoire.

 

En retournant le problème dans tous les sens, j'en arrive pour l'instant à la réflexion suivante :

  • les problèmes de comportement flagrants (menteur compulsif, égoïste matérialiste...) ne m'intéressent tout simplement pas (ça viendra peut-être plus tard, mais là, ça ne m'inspire pas)
  • si problème d'attitude il faut creuser, je préfère des "problèmes" plus légers, et qui me semblent plus courants : la difficulté à comprendre, se rapprocher des autres, les maladresses, incompréhensions, préjugés ou plutôt les jugements hâtifs, les réactions brusques ou trop froides...

De fait, je m'intéresse bien plus aux faiblesses psychologiques qui concernent directement le personnage et n'ont un impact qu'indirect sur les autres : que veut-on vraiment ? comment choisir et agir avec intégrité sans être détruit ? ... ? Ces questions, lorsqu'elles sont résolues ont pour conséquence que le bénéficiaire est plus sûr de lui, plus souvent bienveillant, souriant, à l'écoute... J'ai le sentiment que les faiblesse "morales" ou d'attitude ne sont que la face visible de l'iceberg psychologique.

 

Il reste que même avec un postulat de départ qui préfère le psychologique au relationnel, ça ne peut pas nuire au cours de la rédaction de souligner le lien et les manifestations, donc accentuer.

 

 

Cette question de l'accentuation, de l'inachèvement est aussi celle qui me préoccupe dans la question de l'Adversaire.

 

Aperçu de 4 héros

Un personnage n'existe qu'en relation avec les autres, il se définit et se révèle dans l'interaction. Il est par ailleurs caractérisé par : des faiblesses & besoins ; un désir clair qui sert de fil directeur à l'histoire ; des valeurs qui sont distinctes entre les protagonistes (cet aspect peut être intéressant à creuser en Jeu de Rôle, à creuser) ; un pouvoir, un statut social, des capacités ; une manière d'affronter le problème moral central. Le héros au moins connaît une transformation.

 

Reflets. Jean Apostat. Il est fondamentalement "normal", s'étant rangé dans une vie, une carrière bien ordonnée de simple fonctionnaire. De fait, il ne démarre pas comme un personnage fascinant ou mystérieux, et son aspect attachant vient plutôt de sa détermination à aller jusqu'au bout. Il croit en l'amitié, se montre loyal et tenace autant qu'adaptable et plus courageux qu'il ne l'aurait pensé. Sa capacité est surtout à trouver dans sa volonté qui lui permet de compenser son manque d'expérience et de connaissances. A la fin, il quitte le pays pour démarrer une nouvelle vie, plus libre, plus incertaine, plus aventureuse.

 

Refuge. Violette Rouge-Gorge. Plus proche de ce qui est attendu d'un héros, Violette a quelques sombres secrets, des défauts, un côté provocateur, de la fierté pas toujours bien placée. Surtout, elle se cherche, veut quitter son milieu d'origine et a du mal à savoir comment agir normalement. Ses valeurs comprennent l'indépendance, la liberté, la curiosité, et progressivement (quoique ça reste discret du fait de l'action qui domine la fin de l'histoire), la confiance et l'amour. Ses capacités viennent pour une part d'un don inné pour la magie, don qui l'a toujours mise à part dans sa famille d'origine, et d'autres parts de ses origines familiales, ayant appris différents savoir-faire dont certains surnaturels auprès de voleurs professionnels notamment, lesquels la marginalisent dans le milieu de la magie légale. A la fin de l'histoire, elle quitte son "refuge" pour démarrer une nouvelle vie qui lui correspond mieux.

 

Surface. Psychée. Sa faiblesse est existentielle, littéralement, en ce qu'elle cherche à se sentir vivante, à comprendre le mystère de la vie et de la mort, à donner un sens à sa vie. Ses valeurs sont essentiellement l'art, la lucidité et surtout la liberté. Sa capacité est d'être une "rêveuse lucide", cette expression étant à elle seule tout un programme thématique et polysémique. A la fin de l'histoire, elle échappe à trois fatalités et se crée une voie propre, se donnant les moyens de "(re)devenir" vivante.

 

Conscience. Amih Kaïn. ...

 

 

 

 

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Tag(s) : #Inspirations, #Jeux de Rôle, #Gothique, #Littérature