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Jusque là ils avaient pensé pouvoir tenir leur position en attendant un signe de ceux qui étaient partis par le souterrain pour prendre l’hôtel de ville de l’intérieur et leur en ouvrir les portes. Le bâtiment central d’Aven, l’équivalent du donjon d’un château en quelque sorte, était d’une construction solide et bien pensée, comparable à celle des murs de la cité. Il était toujours possible de la prendre par un siège, ou bien en utilisant un grand nombre de machines de guerre, d’explosifs alchimiques, voire avec le soutient de magiciens spécialisés, mais au final, on y gagnait toujours plus en s’infiltrant et en prenant le cœur de la cible.

Leur mission était donc de s’habiller en civil autant que possible, avec un équipement armé réduit au minimum, de se mêler à la foule qui suivrait Omen et profiter de la diversion à l’intérieur de l’hôtel de ville, des portes ouvertes par la force par les infiltrés pour charger à leur tour, massacrer toute résistance en se faisant passer pour des citoyens enflammés par la politique. Le fait qu’ils soient les premiers sur place devait aussi leur permettre d’aider leur avant-garde à se changer, à se faire discrète, oublier, histoire qu’il ne soit pas trop flagrant que le coup d’état avait été orchestré totalement.

Mais les hommes étaient à présent nerveux. Leur groupe avait pris une chambre d’auberge donnant sur la place de l’hôtel de ville. Quand la brisure s’était produite, ils avaient été sur le point d’agir. C’était le moment convenu : la foule portée à ébullition, pratiquement en état de lyncher elle-même son bourgmestre !

Le Cadran s’était brisé et une marée informe de spectres en était sortie !

Comment une simple pierre avait-elle pu avoir un effet aussi désastreux ? D’ailleurs… A bien y penser… Le cadran de l’horloge était particulièrement haut. Plus d’une dizaine de mètres en hauteur. De l’étage où ils étaient postés, il n’avait même pas vu de projectiles arriver si haut… Il fallait vraiment le vouloir pour le toucher. Cela avait-il pu être intentionnel ? Un jet de fronde ? Était-ce un aspect du plan ?

Son équipe de cinq, quatre hommes et une femme, attendait qu’il décidât. Il y avait la possibilité que ce mage, Phenal, ait placé un ou deux combattants pour produire des diversions « magiques »… Si c’était le cas, c’était vraiment stupide de ne pas les avoir prévenus ! Travailler pour un homme qui ne vous dit pas tout, c’est l’assurance de finir pendu ou massacré.

« Chef, qu’est-ce qu’on fait ? »

Oui, qu’allait-il décider ? Ce magma de spectres, cela ne lui plaisait pas du tout. Dans son petit sous – groupe, il n’y avait pas vraiment de spécialiste de la magie, tout juste un jeune qui avait du talent pour soigner les gens en jouant de la flûte traversière. C’était mieux que rien, et d’ailleurs ils le prenaient avec eux essentiellement pour ces qualités-là :

« Dis-moi La Flûte, qu’est-ce que tu penses ? Tu crois qu’on ferait le poids si ces ombres nous tombaient dessus ?

- … Si je devais être franc… Je ne sais pas trop. Nous ne savons même pas si c’est fini ! Je veux dire, la faille avec le monde spectral n’a pas l’air de s’être refermée…

- Ce n’est pas tout ! renchérit la fille. Personne n’a parlé des troupes qui viennent d’arriver en renfort ! Moi je trouve que ça sent vraiment mauvais !

- Quelqu’un d’autre veut ajouter quelque chose ? demanda le chef. Non ? Dans ce cas, on fait la croix sur la prime et on dégage avec la population qui évacue. Si Phenal est assez malade pour faire appel à des fantômes de ce genre, surtout sans nous prévenir, il n’a pas besoin de nous. Filons avant de perdre plus que de l’argent. »

Tag(s) : #Refuge