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Pourquoi ?

Pour ne pas avoir que des Personnages traumatisés en souffrance...

Les historiques de Personnage impliquant des traumatismes sont fréquents et donnent la possibilité d’explorer des situations extrêmes, ainsi que d’incarner des individualités tourmentées, compliquées. Cependant les jauges décrivant le caractère partent généralement d’un état d’équilibre, d’une certaine idée de la normalité, pour aller vers les dérangements.

Toute la dimension de dépassement positif et constructif, incluant la résilience, est largement négligée, comme s’il n’existait que des innocents bienheureux et des sujets en souffrance.  Tout se passe comme s’il était plus facile d’imaginer les abîmes de douleurs que les moyens d’aller au-delà de la destruction.

Avec les éléments harmoniques en général, et ici avec le cas du Feu en lien avec la résilience, le but est de proposer des outils pour un cheminement qui ne soit pas exclusivement une marche vers la folie et l’anéantissement. Il s’agit également de présenter des données concrètes sur la manière dont un Personnage confronté à des crises difficiles, peut les traverser en devenant plus fort et plus stable, plus heureux aussi.

Une aide de jeu concrète

Pour les personnes intéressées par la question, je vous invite à voir l'article d'où j'ai tiré l'essentiel de la matière à la base de cette réflexion :

« Renforcer sa capacité de résilience » par Steven Southwick et Dennis Charney, in Cerveau & Psycho n°62, mars – avril 2014, p.68-75.

L'idée est de s'appuyer sur les recherches actuelles en psychologie positive pur élargir le champ des situations possibles et envisageables pour le développement des Personnages.

Le Feu

L'image la plus souvent associée à l'élément Feu est la brutalité,un caractère fruste, un gros barbare qui se met en colère avant de commettre un massacre. Sur le plan de la conception j'étais très embêtée par les options possibles à l'expression harmonique de cet élément. Comment proposer des guerriers, des combattants, des individus intéressés par l'action, sans retomber dans un stéréotype sociopathe (goût du risque, inconséquence, violence pour régler ses problèmes...) ? La résilience, et les formes de stratégie qui la rendent possible, la renforce, m'est apparu comme la meilleure option, et de très loin. Elle concerne d'anciens soldats, des victimes de violence, et implique le goût du défi, l'exercice physique, l'intégration à un groupe. Toutes ces dispositions sont "martiennes" pour reprendre une terminologie ici bien pratique, tirée de l'astrologie, et impliquées dans la combativité, l'élan vital. Bref, on a un ensemble qui se tient convenablement autour d'une thématique, qui n'enlève rien au courage et au goût du risque, mais qui inclut de l'éthique et une forme de sagesse.

Méthodes renforçant la résilience

La résilience est un « processus d’adaptation réussi face à l’adversité, aux traumatismes, aux menaces et même aux stress importants […]. Une personne résiliente plie mais ne rompt pas, lorsqu’elle est confrontée à l’adversité, ce qui lui permet de rebondir relativement vite. […] Une personne résiliente n’est […] pas quelqu’un qui évite le stress, mais qui apprend à l’apprivoiser et le maîtriser.  ». Il existe une dizaine de stratégie permettant d’augmenter la résilience, certaines portant sur la réduction du stress et d’autres aidant à sortir grandi de l’expérience.

Apprendre à réguler ses émotions

Il s’agit surtout de la capacité à réguler des émotions telles que la tristesse, la colère ou la peur qui « [compromettent] notre capacité à penser et à prendre des décisions rationnelles dans des situations difficiles. ». Pour y parvenir, deux méthodes s’avèrent particulièrement efficaces :

  • « La méditation de pleine conscience améliore la capacité à se concentrer et donne accès à des modes de pensée plus souples, à un plus grand bien-être émotionnel et à une meilleure capacité à faire face à la dépression, à l’anxiété et au stress. »
  • La réévaluation cognitive consiste à réinterpréter le sens d’un événement désagréable pour le reconsidérer sous un angle moins négatif. L’utilisation régulière de cette technique amène progressivement un bien être émotionnel supérieur. « Le sujet devient un observateur qui apprend à regarder sans juger. » Il peut s’agir par exemple de se rendre compte qu’un événement très pénible a rendu plus fort, plus sage, plus résilient, mieux capable de se projeter dans l’avenir, d’interagir avec les autres et d’apprécier la vie.

En jeu, elles sont deux formes de la discipline « Détachement » issue de la compétence « Concentration ».

Adopter des points de vue positifs mais réalistes

Atténuer les émotions négatives n’est pas suffisant : « il faut faire un effort soutenu pour multiplier les émotions positives, ce qui renforce la capacité des personnes à reprendre pied après une épreuve. »

« La façon dont une personne affronte la peur est liée à sa capacité de rester optimiste face au stress et d’avoir des expériences sociales valorisantes durant les périodes difficiles. »

L’optimisme réaliste se distingue nettement de l’optimisme béat. Ce dernier « consiste à ignorer les informations négatives. Ainsi les optimistes béats adoptent généralement des points de vue excessivement gais et tendent à sous-estimer les situations stressantes et risquées. Au contraire, les optimistes réalistes filtrent les informations négatives inutiles, mais sont attentifs aux mauvaises nouvelles qui sont pertinentes, quand il s’agit de faire face à l’adversité. »

Améliorer sa condition physique

« L’exercice réduit les symptômes de dépression et d’anxiété. Il améliore l’attention, la planification, la prise de décision et la mémoire. »

Accepter les défis

« Si une personne affronte délibérément des défis de plus en plus difficiles, elle apprendra progressivement à gérer des niveaux croissants de stress. […] Ces expériences doivent être un peu stressantes, mais pas trop. Il est important de prévoir une augmentation progressive de l’intensité ou de la difficulté des objectifs à atteindre. »

« À mesure que l’on s’acclimate à des niveaux de stress de plus en plus élevés, il est nécessaire de récupérer et de se détendre. […] Face à un niveau élevé de stress, une récupération insuffisante peut être délétère. Une des principales capacités à acquérir serait de savoir à quel moment il est nécessaire de se reposer pour récupérer après un stress intense. »

Maintenir un réseau social solide

« Le soutien des autres est puissant, parce qu’il augmente la confiance en soi, constitue un « filet de sécurité » face à l’adversité, et renforce la volonté de surmonter les obstacles. » Les individus ainsi soutenus « préfèrent affronter [les problèmes] plutôt que de les fuir. »

Un moyen d’améliorer cet aspect consiste à « faire une liste des personnes auxquelles nous sommes connectés ». Cette analyse permet de se rendre compte s’il est temps de reprendre contact avec la famille, des amis, ou bien d’adhérer à des associations qui partagent nos intérêts et difficultés.

Observer et imiter des personnes particulièrement résilientes

« Il faut chercher les personnes qui surmontent vite leurs difficultés et dont on pourrait s’inspirer pour gérer ses propres difficultés. » À défaut de modèles vivants, il est possible de s’inspirer de personnages historiques ou fictifs.

La méthode, pour tirer un bénéfice optimal, repose sur une analyse précise de ce que l’observateur souhaite imiter en créant des règles susceptibles de guider sa conduite future.

Slide Lecture at the Metropolitan Museum Max Weber (American (born Russia), Bialystok 1881–1961 Great Neck, New York) | Gift of Dr. Irving F. Burton, 1975 | Metropolitan Museum of Art

Slide Lecture at the Metropolitan Museum Max Weber (American (born Russia), Bialystok 1881–1961 Great Neck, New York) | Gift of Dr. Irving F. Burton, 1975 | Metropolitan Museum of Art

Tag(s) : #FIM, #Sciences sociales